Metamorphoses Articulées
Printemps/été 1996

Défilé au Théâtre du Trianon, le 16 octobre 1995, 21h.
Dans cette histoire, je mélange l’humain aux insectes.
La collection se divise en trois familles, les carapaces, les lucioles et les métamorphoses.
Je parle des mutations, des transformations, c’est l’extrapolation de ce que pourrait nous proposer la chirurgie esthétique.

J’invente un monde où les femmes ont des yeux vairons façonnés par des lentilles aux dessins artificiels et géométriques. Les bouches sont redessinées d’une plume noire. Les peaux irisées, nacrées. Sous le nez, des piercings en bois pailletés. Des antennes de fines branches poussent sur le crâne ou le front.

Les cheveux, tirés, laqués, serrés dans des chignons créant des excroissances... D’autres têtes, plus ébouriffées, crantées, gaufrées, dans une apparente désinvolture.
Mi-animale, mi-humaine.

Des talons aiguille vernis noirs, des vêtements constitués par un réseau de coutures. T-shirt “manches papillon” avec une illustration de femme insecte. Corsets feuilles. Bijoux très fins en fibre optique ou tiges de plumes. Des corps longilignes avec des petites épaules. Des cols montants. Des robes dos nu très longues avec traînes se finissant par une pointe. Le vêtement est dissymétrique comme un équilibre en recherche.
Des fragments de matières se superposent.

À mes côtés, Maïda au casting, Thierry Dreyfus à la lumière, Warrio au son, Barnabé à la coiffure, Topolino au maquillage, Eric Halley aux bijoux, Cyd Jouny pour les chaussures, ainsi que l’ANDAM dont je suis lauréate cette année-là.

Je reçois, aux “Bains Douches”, la “Vénus” du futur grand créateur.

Trois silhouettes figurent dans les collections du Musée des Arts Décoratifs, rue de Rivoli, Paris.

Photos : Gilles Tolédano, DR, Eric Traoré, Fred Sathal, Gauthier Gallet.

Métamorphoses Articulées

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